10.08.2010
Message à l’occasion du début du mois de ramadan
Ils sont plus de 20'000 à Genève, et environ 400'000 en Suisse. Demain, les musulmans de notre pays entrent dans le mois de ramadan, un mois consacré au recueillement, à la prière, au partage et à la générosité. Un mois marqué également par le jeûne, du lever du jour à la tombée de la nuit.
Au cours des dernières années, en Suisse, en Europe et dans le reste du monde, la coexistence entre les religions a connu des temps troublés. La mondialisation des échanges, les migrations à l’échelle planétaire sont autant de facteurs qui bousculent les équilibres d’antan et conduisent à de forts questionnements identitaires. C’est aussi le cas dans le monde musulman, où l’on a assisté depuis la fin de l’ère coloniale à une sécularisation lente mais progressive de la société. Cette sécularisation suscite parfois de l’inquiétude dans la population, qui craint de voir ses traditions négligées, au profit d’un monde consumériste, d’un monde sans valeurs, sans fidélité. Au sens fort du terme : d’un monde sans foi ni loi.
16:28 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : politique, musulman, ramadan
21.05.2010
Burqa : ne perdons pas la tête
Heureux pays que la Suisse. Son destin monétaire et économique se décide, sans elle, dans des plans d’actions destinés à sauver l’euro. Un volcan islandais ruine en quelques mois l’impact des mesures de lutte contre le CO2 prises depuis vingt ans en Europe. La Chine devient, grâce à l’endettement croissant des Etats occidentaux, propriétaire du monde.
Mais en Suisse, bien sûr, nous sommes à l’abri de tout cela. Grâce, sans doute, à notre département militaire, qui nous a annoncé le 7 mai avoir développé des chaussettes militaires « d’un nouveau type qui réduisent la formation d’ampoules. » Avec les militaires les mieux chaussés du monde, nous avons donc le loisir de nous occuper de sujets autrement plus important. Comme le débat sur l’interdiction de la burqa.
15:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : burqa, politique, islam
24.12.2009
L’avenir de nos rentes du 2ème pilier se jouera le 7 mars prochain
Préférons-nous un système de rentes du 2ème pilier solide et à même de verser des prestations sur le long terme ou souhaitons-nous jouer avec notre avenir en prenant des risques inconsidérés ? C’est en substance la question à laquelle les citoyens suisses devront répondre lors de la votation populaire de mars prochain.
08:57 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : votations, lpp, 2ème pilier, rentes, taux de conversion, 7 mars, prestations
14.12.2009
Renvoyer aux calendes grecques l’initiative pour le renvoi ?
Dans la lignée des initiatives populaires flirtant avec les limites du droit, l’initiative « pour le renvoi des étrangers criminels » a occupé le Parlement et les médias ces derniers jours. Lancée par l’UDC, elle vise à introduire l’expulsion automatique des étrangers ayant été condamnés pour des infractions pénales graves ou ayant perçu abusivement des prestations sociales. Le Conseil des Etats a choisi jeudi de renvoyer le dossier à sa commission des institutions politiques afin de réexaminer la validité du texte proposé. Les Chambres fédérales vont en effet devoir se déterminer prochainement sur le sort à lui réserver. Elles devront répondre à plusieurs questions essentielles, à savoir valider ou non cette initiative et lui opposer ou non un contre-projet indirect.
06:50 Publié dans Conseil national | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : udc, renvoi, initiative, criminels, étrangers
16.10.2009
Ne pas construire Guantanamo
La Suisse est un Etat libéral. Tous ceux qui ont visité, un jour, la Chine communiste, la Corée du Nord (ils sont moins nombreux), le Vietnam, mais aussi il y a encore vingt ans l’URSS, savent ce que cela veut dire. Un Etat libéral, c’est un Etat qui est là pour protéger, par pour décider de tout. L’Etat doit protéger le bien le plus précieux : la liberté.
09:02 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : minarets, votations, 29 novembre, islam, plr
16.09.2009
Une loi fiscale pour soulager les familles et la classe moyenne
Après mon précédent billet sur l’augmentation temporaire de la TVA en vue de l’assainissement de l’AI, il est temps de parler un peu de fiscalité cantonale. Nous voterons, en effet, le 27 septembre sur la réforme de cinq lois fiscales genevoises (LIPP I à V). Une loi unique, la loi sur l’imposition des personnes physiques (LIPP), adoptée par le Grand Conseil en juin dernier, se propose de remplacer les cinq lois existantes et d’apporter son lot d’améliorations que je souhaite partiellement passer en revue.
16:20 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lipp; votations; familles;
14.09.2009
Un effort présent et collectif pour un assainissement durable
Les Genevois voteront sur de nombreux objets à la fin du mois. Au niveau fédéral, c’est le financement additionnel de l’AI par une hausse temporaire de la TVA qui occupe tous les débats. La mesure proposée s’inscrit dans le cadre du plan d’assainissement mis en place par le Conseil fédéral et les Chambres. Ce plan en trois étapes tend à équilibrer les comptes de l’AI sur le long terme. L’augmentation temporaire du taux de la TVA permettra de limiter l’ampleur du déficit de l’AI pendant quelques années tout en soulageant le fond de financement de l’AVS qui doit, pour le moment, régulièrement voler au secours de l’AI.
06:46 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ai; votations; tva
04.03.2009
Combattons l'initiative interdisant la construction de minarets !
Intervention au Conseil national au nom du Groupe libéral-radical, il y a 5 minutes.
12:19 Publié dans Conseil national | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.02.2009
Liberté de voyager au programme le 17 mai
Les votations se suivent et ne se ressemblent pas… ou presque. En effet, le 17 mai prochain, nous sommes invités à nous prononcer sur l’introduction des passeports et cartes d’identité biométriques. Bien que le sujet n’ait à première vue que peu de liens avec la votation de début février, l’enjeu s’inscrit une nouvelle fois dans un cadre dépassant les frontières suisses.
Il sera cette fois-ci question de notre liberté de voyager et de l’avenir de l’accord d’association de la Suisse à l’espace Schengen.
06:34 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.02.2009
Votez OUI le huit !
La question a tellement été traitée ces dernières semaines dans les médias qu’il est presque devenu impossible de plaider la reconduction et l’extension de l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) sans répéter ce que d’autres ont déjà évoqué.
Toutefois, vu l’enjeu que représente cette votation, je me permettrai d’insister à mon tour sur quelques-uns des nombreux arguments en faveur du oui.
07:03 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29.01.2009
Marre d’être pris en otage par l’UDC
Les enjeux de la votation du 8 février ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
11:44 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.11.2008
L’initiative sur l’AVS résumée en un mot ? Irresponsable !
Périlleuse votation pour le système de l’AVS que celle qui nous attend ce dimanche. A l’heure où beaucoup s’inquiètent, à raison, pour son financement à long terme, voici que surgit une initiative qui s’efforce d’aggraver le problème.
En proposant que près de 90 % des actifs puissent partir en retraite à partir de 62 ans, sans que leur rente AVS ne soit réduite, cette initiative implique qu’il faille, à l’avenir, trouver 1,5 milliard de francs de plus par an pour financer l’AVS. Où trouvera-t-on pareille somme? Deux options semblent se dessiner pour le financement, soit une augmentation de la TVA, soit des déductions plus élevées sur les salaires actuels. Quelque soit la solution choisie, rien ne changera au final pour le porte-monnaie des Suisses : le pouvoir d’achat global diminuera.
On se demande, à la lecture de l’argumentaire des initiants, si ces derniers se rappellent qu’il existe déjà des possibilités de retraite anticipée ou s’ils ont conscience de l’évolution démographique actuelle. L’espérance de vie s’allongeant, le cercle des retraités s’agrandit, les rentes AVS sont perçues plus longtemps et cela alors que les taux de natalité sont au plus bas. Ainsi, la proportion d’actifs par rapport au nombre de retraités diminue ; toujours moins nombreux à devoir supporter des coûts toujours plus élevés de l’AVS. Rajoutez maintenant une initiative proposant un départ à la retraite à 62 ans au problème démographique et vous obtiendrez une assurance sociale en détresse !
Au vu de ce qui précède, l’initiative « pour un âge de l’AVS flexible » me paraît déconnectée des réalités sociales actuelles et dangereuse pour le niveau de vie des citoyens. Il serait irresponsable pour nous et les générations futures d’accepter un tel projet, c’est pourquoi j’invite chacun à voter NON.
07:35 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.07.2008
L'initiative anti-minarets menace aussi les chrétiens
L’initiative populaire visant à interdire les minarets ne vise pas le terrorisme islamique. En effet, tout ce qui est pointu n'est pas un missile. Non: l’initiative vise en réalité la liberté religieuse. Quelques allumés islamophobes s'appuient sur la peur de l’Islam pour provoquer un débat national destructeur. La victime de ce débat ne sera pas l’extrémisme religieux. Mais bien, au contraire, la paix religieuse et le dialogue interconfessionnel. Et notre droit à tous de croire ou de ne pas croire.
Défendre le droit d'être musulman en Suisse, c'est donc notre devoir à tous. Comme il aurait été notre devoir de défendre les juifs dans les années 1930. Comme il aurait été de notre devoir, dans la France d'après la Révocation de l'Edit de Nantes, de défendre les protestants. Comme il serait de notre devoir de défendre, en Arabie Séoudite, les chrétiens. Comme, enfin, il est de notre devoir de croyants de protéger le droit des athées à ne pas croire.
Plus de 400'000 musulmans vivent dans notre pays. Paisiblement. Bien sûr, on citera des faits divers impliquant des musulmans pour démontrer que l'Islam pousse à la violence. Et l'on trouvera dans le Coran et la Sunnah des références pour enfoncer le clou. D'autres alors, pour défendre l'Islam, citeront les Evangiles, où les appels à la violence figurent en bonne place aussi. Et l'on passera ainsi des mois à monter une religion contre l'autre. Quel que soit le score de ce texte dans les urnes, notre pays se relèvera-t-il des mois de déchaînement haineux que ce débat ne manquera pas de provoquer?
La liberté de croire et de ne pas croire est ancrée au cœur même de ce qui a fait notre pays. La Suisse , en effet, ne s'est pas constituée comme n’importe quelle autre Etat-nation. En général, l'Etat nation naît autour d'un peuple réuni par une même langue, une même histoire, une même religion et un même espace géographique.
Pas la Suisse. Ni celle de 1291, qui réunissait déjà trois peuples différents, ni celle de 1848. Quatre langues, deux religions dominantes, sans oublier les juifs, et plus de 20 cantons ayant chacun son destin propre. La Suisse est donc bien plus que n'importe quel autre pays du monde: elle est une idée. Ce qui réunit les Suisses, c'est leur volonté de vivre libres, c'est leur volonté de voir leurs différences respectées.
Un combat qui n'a pas toujours été évident. Aux balbutiements de l'Etat fédéral, les sept cantons catholiques ont rêvé de faire sécession. Ce fut le « Sonderbund », l'idée d'une partition confessionnelle de notre pays. Un projet que les radicaux, fondateurs du pays, ont rejeté: la Suisse devait impérativement rester le pays de la pluralité.
L'initiative contre les minarets s'attaque à cette vision de la Suisse : un pays où chacun respecte la liberté de l'autre. Un pays d'individus unis par leur soif de liberté, et non par l'aspiration grégaire à se ressembler les uns les autres.
L'UDC suivra-t-elle les têtes brûlées qui ont contribué au succès de cette initiative, et dont Genève compte un certain nombre d'exemplaires qui se sont déjà illustrés dans le passé par des dérapages antisémites ou homophobes? Ou alors aura-t-elle la dignité qui sied à un grand parti, et plaidera-t-elle pour le retrait immédiat de ce texte? Hélas, les expériences passées avec ce parti ne laissent rien présager de bon.
Une légende veut que le roi du Danemark, pendant l'occupation nazie, aurait porté la croix jaune en signe de solidarité avec les juifs danois. C'est une légende, mais il est vrai que le roi et le peuple danois se sont mobilisés contre la déportation des juifs. En Suisse, la situation était plus trouble. C'est pourquoi nous devons une immense reconnaissance aux "Justes" qui, contre la majorité, contre même les décisions politiques, ont aidé des juifs à échapper à la barbarie.
Alors que la situation n'est pas encore comparable à celle des années 1930-1945, les Suisses doivent trouver dans l'exemple de ces Justes le courage de s'élever contre cette initiative.
11:12 Publié dans Conseil national | Lien permanent | Commentaires (141) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
25.05.2008
Elèves non-francophones: pour une carte scolaire du canton
L'égalité des chances à l'école est menacée. Elle est menacée au plan fédéral par une initiative populaire voulant introduire le principe du subventionnement des écoles privées via le chèque éducation. Mais elle est menacée aussi par des causes plus profondes, qui sont aussi à l'origine du désarroi de celles et ceux qui voient dans une telle initiative une issue à leurs angoisses.
Car bien que viscéralement attaché à l'instruction publique, laïque, gratuite et obligatoire créée par les radicaux, je ne peux qu'observer l'inquiétude de parents qui ont le sentiment que l'école publique n'a plus les moyens de conduire leurs enfants vers la réussite.
Un sentiment qui repose sur trois types de problèmes: les questions pédagogiques, les questions de discipline et de violence à l'école, et les questions liées à l'intégration d'élèves non-francophones toujours plus nombreux.
Pour les problèmes pédagogiques, l'initiative d'ARLE, soutenue par 76% du peuple genevois, a mis un salutaire coup de frein aux élucubrations socio-constructivistes qui, depuis une vingtaine d'années, on mis en péril la crédiblité de l'école. Le règlement d'application de cette initiative respecte la volonté populaire, et il faut s'en réjouir. Reste à voir si son application sur le terrain amène des progrès réels. En ceci, je fais confiance aux enseignants, qui ont toujours montré, pour la plupart d'entre eux, l'envie de répondre au mieux aux besoins des élèves. En revanche, je souhaiterais que les 94 directeurs d'écoles que le DIP a engagé à grands frais ce printemps assument à l'avenir leur rôle en la matière. Et que l'on ose enfin évaluer le travail fourni par les enseignants. Et que dans certains cas, des enseignants dont les insuffisances notoires font ombrage à l'ensemble de leur métier puissent être écartés de l'enseignement.
Pour les questions de discipline et de violence à l'école, l'attidue du DIP est plus inquiétante. A une interpellation écrite du député radical Jacques Follonier (IUE 558), le département a répondu par l'arrogance et le dédain. Au motif que cette interpellation reprenait in extenso des propositions du parti de ce député, le DIP a estimé qu'il pouvait traiter la problématique par dessus la jambe. Autre motif invoqué: l'interpellation a été connue de la presse au lendemain de son dépôt. Voilà bien des réponses curieuses à une interpellation qui rappelle des faits graves. En une année:
- 8,5% des enseignants affirment avoir eu recours au moins une fois à la violence physique envers au moins un élève;
- 30,5% des enseignants affirment avoir eu recours au moins une fois à la violence verbale envers au moins un élève;
– 9,6% des enseignants affirment avoir été victimes de violence physique de la part d’au moins un élève;
– 29,6% des enseignants affirment avoir été victimes de violence verbale de la part d’au moins un élève;
– 20,7% des enseignants affirment avoir été victimes de violence verbale de la part d’au moins un parent d’élève.
Les propositions radicales sont pourtant suffisamment concrètes pour mériter une réponse:
- le DIP est-il prêt à dénoncer pénalement toute violence physique d'un parent d'élève à l'égard des enseignants (même lorsque l'auteur de la violence séjourne illégalement en Suisse et risque un renvoi)?
- le DIP est-il prêt à garantir à chaque entretien avec des parents problématiques la présence d'un membre de la hiérarchie pour soutenir l'enseignant?
- Le DIP est-il prêt à prendre des sanctions à l'encontre de parents dont les enfants ne respectent pas, de manière répétée, le règlement en vigueur dans l’établissement scolaire?
- Le DIP est-il prêt à exiger un code vestimentaire correct de la part des élèves et des enseignants?
- Le DIP est-il prêt à interdire l'usage du téléphone portable par les élèves à l'école et dans l'environnement immédiat de l'école (le téléphone est abondamment utilisé pour filmer des actes de violence, télécharger des images pornographiques, organiser des « bastons »)?
- Le DIP est-il prêt à interdire le tutoiement des enseignants par les élèves?
Restent les questions d'intégration d'élèves migrants et/ou non-francophones. Là aussi, l'interpellation propose un certain nombre de mesures claires et précises, auxquelles le DIP ne répond pas. J'en ajoute une, qui me paraît aujourd'hui essentielle: fixer des seuils maximaux d'élèves non-francophones dans les classes. On le sait, inutile de jouer le politiquement correct, il est plus difficile d'enseigner dans une classe avec un nombre important d'élèves non francophones que l'inverse. C'est pourquoi je propose que le DIP établisse une carte scolaire du canton, chaque année. Et pour chaque degré scolaire, calcule le nombre moyen d'élèves non-francophones par classe. Aucune classe ne doit pouvoir dépasser de plus de 2 élèves ce nombre moyen. Autrement dit: si le nombre moyen est de 3 élèves non francophones, aucune classe du canton ne pourra compter plus de 4 élèves non francophones.
Comment faire? Deux méthodes, toutes simples. La première: on tente d'équilibrer au sein d'une même circonscription géographique. La deuxième: on ouvre simplement des classes supplémentaires, car il est évident qu'un nombre important d'élèves non-francophones exige un taux d'encadrement supérieur.
Si nous n'engageons pas rapidement ce type de réflexions, nous allons au-devant de problèmes gravissimes. Le nombre de messages xénophobes et haineux diffusés sur le blog de l'émission Infrarouge consacrée, le 20 mai, au libre choix de l'école, doit nous alerter. C'est tout simplement la mission intégratrice et républicaine de l'école qui est en jeu.
10:56 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23.05.2008
Vous naturaliseriez plutôt Marc Roger ou Kubilai Türkyilmaz ?
Qui mérite mieux d'être suisse: Kubilai Türkyilmaz, ou Marc Roger? Avec la naturalisation par les urnes, que l'initiative soumise au peuple le 1er juin propose de réintroduire, pas besoin d'être un grand clerc pour deviner qui aurait les plus grandes chances d'être naturalisé. Comme cela s'est vu à Emmen: un candidat serait prétérité au seul motif que, quelques jours plus tôt, un fait divers impliquant des personnes originaires du même pays que lui aurait défrayé la chronique. A l’inverse, un homme d'affaires français serait naturalisé sans que l'on s'intéresse plus avant à son intégration.
La naturalisation est un acte sérieux. Il vaut mieux la confier à des personnes qui étudient les dossiers de naturalisations, que ce soient les exécutifs communaux ou les commissions de naturalisations. Eux peuvent statuer en pleine connaissance de cause, connaître le passé pénal du candidat, dialoguer avec lui pour évaluer sa connaissance de notre langue, de nos mœurs politiques, etc. Voilà bien mieux que de livrer les candidats à la vindicte populaire. Qui pourrait trancher dans bien des cas sans s’assurer de l’essentiel : l’intégration du candidat.
Les arguments des initiants déshonorent le travail fait actuellement dans les communes. Ce travail est fait avec sérieux et les naturalisations ne se font pas en masse. Les candidats qui ne maîtrisent pas la langue, les institutions, l'histoire du lieu sont rejetés. D’où qu’ils viennent, les mêmes critères sont appliqués à chaque candidat. L’unique souci, c’est son degré d’intégration. L’initiative, elle, crée l’arbitraire et ne permet pas une connaissance objective du dossier.
Par ailleurs, l'initiative répond à la mauvaise question. Pour mériter la naturalisation, qu'est-ce qui est important: son pays d'origine, ou son degré d'intégration en Suisse? Avec la naturalisation par les urnes, on juge en fonction de l'origine. Avec les commissions de naturalisation, on juge en fonction de la qualité de l'intégration.
Même la commune d'Emmen, où le refus populaire de naturaliser plusieurs candidats originaires des Balcans, a changé sa pratique. Aujourd'hui, la naturalisation est l'affaire d'une commission. Son président, membre de l'UDC, a lui-même reconnu que le travail de la commission est tellement sérieux que même si l'initiative devait être adoptée, Emmen ne reviendrait pas en arrière.
Le Parlement fédéral a pourtant voulu faire un pas en faveur des communes attachées à la naturalisation par les urnes. Il a permis la naturalisation par un vote des assemblées primaires, dans les petites communes qui ne disposent pas de parlement. Un vote négatif est possible si une personne formule une opposition motivée à la naturalisation. C'est alors sur la base de cette opposition motivée qu'une voie de recours s'ouvre au candidat, comme l'exige la constitution. Car l'Etat de droit, ce n'est pas la dictature du peuple. C'est la garantie pour chacun d'être traité de manière équitable, sans arbitraire. C'est la garantie qu'une naturalisation ne peut être accordée ou refusée que par des motifs valables.
Le refus de l’arbitraire et la volonté d’intégrer sont deux principes fondamentaux en matière de naturalisation. Il faut donc s’opposer avec la plus grande véhémence à cette initiative et dire non à des naturalisations à l’aveugle le 1er juin prochain. Un refus qui serait un sursaut républicain bienvenu.
08:07 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.05.2008
De faux remèdes pour une meilleure démocratie soumis au vote le 1er juin
C’est un week-end de votations chargé qui nous attend début juin… Chargé en sujets populistes. Nul besoin de revenir sur l’initiative pour des naturalisations « démocratiques » qui semble oublier qu’une démocratie efficiente passe également par le respect des droits fondamentaux des individus. Penchons-nous plutôt sur la deuxième trouvaille présentée comme essentielle au bon fonctionnement de nos institutions politiques, l’initiative « Souveraineté du peuple sans propagande gouvernementale » dite muselière.
06:38 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.03.2008
L'écolo Cramer assassine l'environnement
Robert Cramer a-t-il perdu la tête? Ou sont-ce les Services industriels qui, échappant une fois de plus à son contrôle, délirent? Le ministre écologiste et la régie censée appliquer à Genève la stratégie de développement durable du Canton en matière d'énergie et d'environnement, s'apprêtent à polluer massivement l'air des Genevois.
15:02 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
21.01.2008
Affaire Ramadan: Bertossa porte une lourde responsabilité!
Le duo Bernard Bertossa et François Paychère porte une lourde responsabilité dans l'affaire Hani Ramadan. Bernard Bertossa avait, en décembre 2002, rendu un rapport péremptoire selon lequel le Conseil d'Etat pouvait parfaitement licencier Hani Ramadan
15:11 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
06.12.2007
Armes d'ordonnance à l'arsenal ?
Après avoir prêté serment au Conseil national lundi passé, j'ai déposé une question d'actualité au Conseil fédéral, qui avait la teneur suivante, soit:
"Le 23 novembre dernier, une jeune fille de seize ans a été tuée à Zurich par un soldat ayant utilisé son arme de service. Cette tragédie vient s’ajouter à la liste des crimes perpétrés à l’aide de l’arme d’ordonnance conservée à domicile par les militaires suisses. Triste liste à laquelle il faut lier celle des suicides commis au moyen de cette même arme d’ordonnance. Des études telles que celle de Martin Killias ou encore celle de Raphaël Brossard tendent à montrer que le passage à l’acte criminel ou suicidaire est facilité par la présence d’armes militaires dans les foyers suisses. Le chiffre de près de trois cents décès par année causés par les armes d’ordonnance a été avancé par Martin Killias et, quand bien même ce chiffre ne se monterait « qu’à » cinquante morts, il serait déjà inacceptable pour notre Etat.
Dans ses réponses aux motions Lang (06.3197) et Hollenstein (05.3492) notamment, le Conseil fédéral a exprimé son attachement au maintien du système actuel obligeant les militaires à conserver l’arme d’ordonnance chez eux. Certes, la situation a évolué dans une direction positive avec la fin de la distribution des munitions en vue d’une conservation à domicile. Néanmoins, comme vient de le démontrer le drame zurichois, il reste facile de se procurer de la munition. Si l’on souhaite réellement réduire l’effet qu’ont les armes d’ordonnance sur la facilitation du passage à l’acte, il faut envisager une véritable mesure : laisser les armes à l’arsenal.
Au vu de ce qui précède je demande au Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :
1) Au regard de l’actualité, le Conseil fédéral considère-t-il toujours que la place de l’arme d’ordonnance est au domicile des militaires ? Est-il favorable à une modification prochaine des dispositions sur l’équipement des militaires afin que l’arme d’ordonnance reste à l’arsenal ? Dans l’intervalle, existe-t-il un moyen d’autoriser les soldats le désirant à laisser leur arme à l’arsenal ?
2) Dans les motions précitées, le Conseil fédéral avance comme argument l’impossibilité d’effectuer les tirs obligatoires qui découlerait d’un dépôt de l’arme d’ordonnance à l’arsenal, s’est-il sérieusement penché sur cette question ? N’existe-t-il pas des solutions logistiques permettant de maintenir les tirs obligatoires sans que l’arme ne soit conservée à domicile ?"
La réponse du Conseil fédéral lundi prochain permettra aux différents groupes politique de se positionner sur cette question.
23:30 Publié dans Conseil national | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19.11.2007
Un plan digne et ferme
Les autorités du Canton et de la Ville de Genève, représentées par Laurent Moutinot, Pierre Maudet et Patrice Mugny, ont dévoilé conjointement mardi dernier un plan de lutte contre la mendicité. Cette réaction de l’Etat, attendue des Genevois, permettra d’endiguer quelque peu le phénomène qui touche actuellement notre Cité. Si nous ne pouvons que féliciter Laurent Moutinot de sa soudaine prise de conscience, n’oublions pas que c’est à lui que la République doit en partie cette crise. Par ses déclarations laxistes, il y a quelques mois de cela, il a directement contribué à une augmentation de la mendicité dans nos rues. Espérons que si pareille situation se représente un jour, notre Conseiller d’Etat saura faire preuve d’un plus grand discernement quant aux conséquences de ses dires et de ses actes.
Gestion de l’affaire par le Conseiller d’Etat mise à part, venons-en au plan proposé par messieurs Moutinot et Maudet. Il prévoit deux phases, la première, en cours depuis vendredi passé jusqu’au 1er décembre, table sur une action massive de terrain. Recensement des mendiants, évacuation des abris de fortune établis sous les ponts et hébergement temporaire sont programmés. La deuxième phase débutera dès le 1er décembre, date à laquelle une brigade spécifique d’îlotiers sillonnera la Ville afin de procéder à des contrôles réguliers sur le terrain et d’établir des liens avec les mendiants. Les personnes trouvées en situation irrégulière lors de tels contrôles seront remises aux autorités compétentes en vue d’une procédure d’expulsion fondée sur la Loi sur les étrangers (ou sur la LSEE jusqu’à fin 2007).
Ce plan de lutte contre la mendicité à peine dévoilé, des voix se sont aussitôt élevées à droite comme à gauche pour le critiquer… Sort malheureusement trop souvent réservé aux propositions recherchant une forme d’équilibre. Dans cette délicate affaire, il s’agissait de parvenir à une solution pragmatique conciliant respect de l’individu et fermeté. Certes, avec un tel plan, les mendiants ne seront pas logés et assistés par l’Etat ad vitam æternam comme certains l’espèrent peut-être mais ils ne seront pas non plus expulsés sans autre forme de considération comme d’autres le souhaiteraient. Cela en fait-il un mauvais plan ? J’en doute. Au vu de l’urgence de la situation – on ne pouvait décemment laisser des gens dormir sous des ponts ni ignorer le sentiment de harcèlement ressenti par la population genevoise – les autorités se devaient d’agir et elles l’ont fait de manière digne et efficace.
23:40 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

